{"id":453,"date":"2011-08-29T17:36:37","date_gmt":"2011-08-29T15:36:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.evelyne-axell.com\/blog1\/?p=453"},"modified":"2015-08-03T19:06:41","modified_gmt":"2015-08-03T17:06:41","slug":"article-dans-le-jeudi-luxembourg","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/2011\/08\/29\/article-dans-le-jeudi-luxembourg\/","title":{"rendered":"Article de Roger Pierre Turine dans Le Jeudi (Luxembourg)."},"content":{"rendered":"<h2>Les r\u00eaves color\u00e9s d&rsquo;une combattante.<\/h2>\n<p><strong>Le mus\u00e9e Abteiberg de M\u00f6nchengladbach rend un superbe hommage \u00e0 la Belge Evelyne Axell, amazone du Pop Art. Elle est morte jeune, \u00e0 37 ans, dans un stupide accident de voiture. M\u00e9t\u00e9orite de l&rsquo;art, elle subjugue encore et toujours.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Extraits:<\/strong><\/p>\n<p>On dit parfois que les artistes morts \u00e0 la fleur de l&rsquo;\u00e2ge ont eu de la chance. Vrai ou fausse, l&rsquo;assertion se conforte de carri\u00e8res fulgurantes au gr\u00e9 desquelles presque rien n&rsquo;est \u00e0 jeter, alors que de trop longues vies, \u00e0 de rares exceptions pr\u00e8s, poussent nombre de cr\u00e9ateurs \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition abusive voire \u00e0 l&rsquo;\u00e9dulcoration de leur cheminement. Pas de \u00e7a avec Evelyne Axell (1935-1972), que la camarde faucha alors qu&rsquo;elle s&rsquo;av\u00e9rait en pleine explosion d&rsquo;une \u00e9criture plastique p\u00e9trie dans les audaces, les novations et les agressions \u00e0 juste titre. En moins d&rsquo;un an, l&rsquo;aura d&rsquo;Axell aura fait mouche un peu partout en Allemagne, \u00e0 Bruxelles, \u00e0 Vienne et \u00e0 New York \u00e0 la faveur de solides r\u00e9\u00e9valuations des voix plasticiennes f\u00e9minines.<\/p>\n<div id=\"attachment_461\" style=\"width: 393px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-461\" class=\"size-full wp-image-461 \" title=\"Tableau \u00e0 caresser\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/02b4752.netsolhost.com\/blog1\/wp-content\/uploads\/2011\/08\/Tableau-%C3%A0-caresser2.jpg?resize=383%2C320\" alt=\"Tableau \u00e0 caresser\" width=\"383\" height=\"320\" \/><p id=\"caption-attachment-461\" class=\"wp-caption-text\">Tableau \u00e0 caresser<\/p><\/div>\n<p><strong>Universelle et intemporelle\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Loin d&rsquo;\u00eatre une conclusion de taille \u00e0 cette juste mise sur le devant de la sc\u00e8ne d&rsquo;une \u00e9g\u00e9rie qui aura tenu sa place non pas en fomentant des lubricit\u00e9s de rencontre mais, bien au-del\u00e0, en allant au charbon nue et vindicative pour l&rsquo;exacte cause du \u00abNiet\u00bb aux ukases affligeants ou naus\u00e9abonds, cette exposition de l&rsquo;Abteiberg vient \u00e0 son heure. Une heureuse fa\u00e7on d&rsquo;annoncer et susciter d&rsquo;autres mises au parfum attendues.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors m\u00eame que l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Axell, loin d&rsquo;accuser les tics de son temps, semble doublement universelle et intemporelle.<\/p>\n<p>L&rsquo;espace largement ouvert et lumineux de l&rsquo;Abteiberg convient parfaitement au d\u00e9ploiement de la soixantaine de travaux d&rsquo;une dame que rien n&rsquo;aura rebut\u00e9 pour clamer \u00e0 la face du monde son ras-le-bol face aux iniquit\u00e9s traditionnelles et vulgaires. Femme et soucieuse de le faire savoir \u00e0 bride et petite culotte abattues, Evelyne Axell osa, la premi\u00e8re, se profiler dans quasi chacun de ses tableaux. Point de nombrilisme pour autant, mais une rage visc\u00e9rale de dire de quels pouvoirs et devoirs se charge une femme qui n&rsquo;entend plus se voir convertie en serpilli\u00e8re.<\/p>\n<p>Abattant les machismes \u00e0 coup de machettes tremp\u00e9es dans le vitriol de mati\u00e8res plastiques inusit\u00e9es \u2013 plexiglas, huiles pour carrosseries de voitures, poils et tissus synth\u00e9tiques et couleurs fluo, transparences in\u00e9dites \u2013 Axell subjugue, en outre, par l&rsquo;intelligence de ses provocations, par l&rsquo;authenticit\u00e9 de ses mises \u00e0 nu, par l&rsquo;air et le feu, le sang et les orgasmes qu&rsquo;explicitent, sous les tensions, ses images loin des pr\u00eats-\u00e0-porter. C&rsquo;est simple, d&rsquo;un tableau, d&rsquo;un paravent \u2013 car elle s&rsquo;amusait \u00e0 conforter des profondeurs de champ par des superpositions de mat\u00e9riaux et de chromatismes vibrants \u2013, d&rsquo;une sc\u00e9nographie \u00e0 l&rsquo;autre, Axell ne se r\u00e9p\u00e9tait jamais, se jouait des redites en prolongeant l&rsquo;incidence pr\u00e9c\u00e9dente d&rsquo;une nouvelle image dans la veine de sa marche irr\u00e9sistible en avant.<\/p>\n<p><strong>Basta les conventions\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Susanne Titz, directeur de l&rsquo;Abteiberg et commissaire de l&rsquo;expo Axelleration, a eu le nez fin en d\u00e9ployant cette \u0153uvre de fi\u00e8vre \u00e0 travers tout le rez-de-chauss\u00e9e du mus\u00e9e et, mieux encore, en provoquant, par la tangente qu&rsquo;offraient d&rsquo;autres lieux aux alentours, salles adjacentes du mus\u00e9e, de f\u00e9condes rencontres entre Axell et les mecs du Pop, les Warhol, Rauschenberg, Lichtenstein, Chamberlain, Segal ou Wesselman de la grande \u00e9poque. Avec d&rsquo;autres \u00e9g\u00e9ries aussi, telles Niki de Saint-Phalle ou Yayoi Kusama. Ou, dans la m\u00eame salle qu&rsquo;elle, avec deux pi\u00e8ces de Beuys, apparemment sans connivences mais d&rsquo;une m\u00eame \u00e9poque charg\u00e9e de sens et d&rsquo;\u00e9nergies de barricades. Des tableaux d&rsquo;Axell accroch\u00e9s deux m\u00e8tres au-dessus du sol compl\u00e8tent bien le\u2026 tableau: basta les conventions, fussent-elles d&rsquo;accrochage!<\/p>\n<p>Le parcours est complet, encore peu ou prou dans une certaine ligne au d\u00e9but, puis qui s&rsquo;enflamme, multiplie les tonalit\u00e9s ferventes et met le pied au champignon, quand Axell, au-del\u00e0 de Mai 68 et des r\u00e9voltes \u00e9tudiantes, clame l&rsquo;innocence d&rsquo;\u00eatre provoc, \u00e9rige la vitesse en \u00e9g\u00e9rie d&rsquo;une rage de vivre, f\u00fbt-ce \u00e0 outrance et au p\u00e9ril de sa vie. Pas d&rsquo;\u0153uvre \u00e0 citer plus qu&rsquo;une autre. L&rsquo;ouvrage est \u00e0 prendre dans son ensemble, tel qu&rsquo;un long fil rouge ennoblit la vie et la mort. Celles d&rsquo;une \u00e9poque et d&rsquo;une femme visionnaire.<\/p>\n<p>Roger Pierre Turine<\/p>\n<p>25 ao\u00fbt 2011<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les r\u00eaves color\u00e9s d&rsquo;une combattante. Le mus\u00e9e Abteiberg de M\u00f6nchengladbach rend un superbe hommage \u00e0 la Belge Evelyne Axell, amazone du Pop Art. Elle est morte jeune, \u00e0 37 ans, dans un stupide accident de voiture. 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