{"id":123,"date":"2009-11-17T00:40:50","date_gmt":"2009-11-16T23:40:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.evelyne-axell.com\/blog1\/?p=123"},"modified":"2015-08-03T19:26:15","modified_gmt":"2015-08-03T17:26:15","slug":"article-dans-the-brooklyn-rail","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/2009\/11\/17\/article-dans-the-brooklyn-rail\/","title":{"rendered":"Article de John Yau dans The Brooklyn Rail."},"content":{"rendered":"<p>Axell&rsquo;s Paradise: Last works (1971-1972) before she vanished.<\/p>\n<div><strong>\u00a0<\/strong><\/div>\n<div>(texte anglais ci-dessous)<\/div>\n<p>Vous avez peut-\u00eatre entendu parler d&rsquo;une galerie d&rsquo;art \u00e0 la fois excentrique et excentr\u00e9e, situ\u00e9e au 1182 de Broadway entre la 28\u00e8me et la 29\u00e8me rue; si vous vous dites qu&rsquo;un jour vous pourriez faire le d\u00e9tour, c&rsquo;est le moment ou jamais d&rsquo;y mettre le cap pour d\u00e9couvrir les vives et audacieuses peintures \u00e9rotiques de l&rsquo;artiste pop belge \u00c9velyne Axell (1935-1972). Contemporaine et amie de l&rsquo;artiste pop anglaise Pauline Boty (1938-1966) et de la sculpteuse polonaise avant-gardiste Alina Sczapocznikow (1926-1973) dont les \u0153uvres ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es dans cette brillante petite galerie, Evelyne Axell nous laisse des tableaux et des dessins qui la placent au premier rang des artistes \u00ab\u00a0d\u00e9daign\u00e9s, n\u00e9glig\u00e9s et oubli\u00e9s\u00a0\u00bb. C&rsquo;est dire : dans tout l&rsquo;ouvrage \u00ab\u00a0POP\u00a0\u00bb, publi\u00e9 en 2005 dans la s\u00e9rie <em>Themes and Movements <\/em>de Phaidon, compil\u00e9 par Mark Francis (et pr\u00e9fac\u00e9 d&rsquo;un \u00ab \u00e9tat des lieux\u00bb de Hal Foster) le nom d&rsquo;Evelyne Axell n&rsquo;est pas mentionn\u00e9 une seule fois, alors qu&rsquo;y sont recens\u00e9s Allan D&rsquo;Arcangelo, Allen Jones, John Wesley, Tom Wesselmann ou encore Rosalyn Drexler. Or \u00c9velyne Axell a toute sa place dans ce panth\u00e9on et, de m\u00eame que Pauline Boty et Rosalyn Drexler, elle incarne \u00e0 travers son \u0153uvre une v\u00e9ritable critique proto-f\u00e9ministe.<\/p>\n<p>Cette nouvelle exposition, ax\u00e9e sur les toutes derni\u00e8res \u0153uvres r\u00e9alis\u00e9es par \u00c9velyne Axell avant sa mort dans un accident de voiture, met en exergue ce qui lui a valu sa r\u00e9putation en France o\u00f9 son plus ardent d\u00e9fenseur n&rsquo;\u00e9tait autre que le critique Pierre Restany. Le style d&rsquo;\u00c9velyne Axell est explicite et direct. La plupart de ses derniers tableaux, compos\u00e9s comme des d\u00e9cors de th\u00e9\u00e2tre, mettent en sc\u00e8ne le corps humain &#8211; le plus souvent une femme nue &#8211; peint sur une d\u00e9coupe de plexiglas, quelquefois des deux c\u00f4t\u00e9s. L&rsquo;image de ce corps, \u00e9tendu ou d\u00e9tendu, est superpos\u00e9e sur un paysage luxuriant, lui-m\u00eame r\u00e9alis\u00e9 dans d&rsquo;autres tons sur un support de formica: en g\u00e9n\u00e9ral, le nu en couleurs chaudes et le paysage en couleurs froides. Une couche d&rsquo;\u00e9mail rend la surface lisse et sensuelle, et chaque tableau est entour\u00e9 d&rsquo;un cadre sur mesure, dont les bords \u00e9troits sont minutieusement peints.<\/p>\n<p>Dans \u00ab<em>L&rsquo;herbe folle\u00bb <\/em>(1972), un voluptueux feuillage tropical se dresse comme une for\u00eat de flammes, arborant deux teintes de bleu et surmont\u00e9 d&rsquo;un ciel au vert terne. Une femme nue allong\u00e9e, perdue dans ses pens\u00e9es tient dans sa main une paire de lunettes (accessoire f\u00e9tiche de l&rsquo;artiste). Des couleurs rouges et rouges orang\u00e9es irradient son corps nu chauff\u00e9 par le soleil, le t\u00e9ton marqu\u00e9 d&rsquo;un point rouge, les l\u00e8vres \u00e9carlates. A l&rsquo;instar des autres tableaux de la collection, le paysage est constitu\u00e9 de puissantes verticales (ici feuillages, l\u00e0 cascades ou palmiers), alors que le corps d\u00e9nud\u00e9 est \u00e0 l&rsquo;horizontale; le symbolisme est insolent et non complaisant. Vues dans le contexte du Modernisme, depuis les tahitiennes de Gauguin jusqu&rsquo;aux <em>Grands Nus Am\u00e9ricains <\/em>de Wesselmann, les \u0153uvres d&rsquo;\u00c9velyne Axell bousculent l&rsquo;image de la femme per\u00e7ue comme territoire \u00e0 coloniser ou objet consentant du fantasme masculin. Sa vision \u00e0 elle, l&rsquo;artiste nous la propose avec verve et sans concession, sans chercher ni \u00e0 excuser ni \u00e0 justifier l&rsquo;intensit\u00e9 de son propre d\u00e9sir. Ses femmes nues sont ma\u00eetresses de leurs situations, elles sont elles-m\u00eames non ma\u00eetrisables, comme le soulignent les cadres aux bords soigneusement peints. \u00c0 travers leur \u00e9rotisme, ces images sont celles de l&rsquo;autonomie et de l&rsquo;autod\u00e9termination f\u00e9minines, mais leur ton n&rsquo;est pas au militantisme.<\/p>\n<p>Dans un autre tableau intitul\u00e9 <em>\u00ab\u00a0L&rsquo;oiseau de paradis (version bleue)\u00a0\u00bb <\/em>datant de 1971, une femme nue se d\u00e9barrasse d&rsquo;un dernier v\u00eatement qu&rsquo;elle passe au-dessus de sa t\u00eate. Ses seins et ses bras sont bleus, ses l\u00e8vres rouges et sa fourrure pubienne orange. Tout autour, la d\u00e9coupe de plexiglas est laiss\u00e9e transparente. Un colibri orange virevolte non loin, pr\u00eat \u00e0 go\u00fbter le nectar f\u00e9minin. Le plexiglas non peint exacerbe le voyeurisme du spectateur, les zones peintes mettant en relief ce que certains consid\u00e9reront comme les seules parties importantes du sujet: la bouche, les seins et le sexe. Compar\u00e9s aux \u0153uvres d&rsquo;Evelyne Axell, les nus de Wesselmann font figure d\u00e9su\u00e8te et r\u00e9prim\u00e9e; quant aux femmes de Mel Ramos, elles paraissent tout bonnement simplistes.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres tableaux et \u0153uvres sur papier repr\u00e9sentent des images partielles de femmes nues, le regard tourn\u00e9 vers l&rsquo;ext\u00e9rieur du tableau, portant le nom de diff\u00e9rents pays. Ainsi <em>\u00ab\u00a0La Tch\u00e8que\u00a0\u00bb<\/em> (1969) est accroch\u00e9e dans le bureau de la galerie, aux c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;un des deux portraits sur papier d&rsquo;Angela Davis. On trouvera \u00e9galement un portrait de Yael Dayan (1969), issue de la m\u00eame s\u00e9rie de portraits incarnant la force f\u00e9minine. Evelyne Axell d\u00e9peint les femmes comme des pays inaccessibles, d\u00e9ferlements d&rsquo;ind\u00e9pendance toujours empreints d&rsquo;imagination \u00e9rotique.<\/p>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, les galeries commencent \u00e0 exposer les \u0153uvres d&rsquo;Alina Sczapocznikow et de Rosalyn Drexler; le New Museum a r\u00e9cemment mont\u00e9 une r\u00e9trospective de Dorothy Iannone. Le 22 janvier 2010 s&rsquo;est ouverte \u00e0 la galerie Rosewald-Wolf de l&rsquo;Universit\u00e9 des Arts de Philadelphie une exposition intitul\u00e9e <em>Seductive Subversion: Women Pop Artists 1958-1968<\/em>, sous le commissariat de Sid Sachs. Incontournables apr\u00e8s une trop longue absence, les \u0153uvres de Pauline Boty y sont enfin pr\u00e9sent\u00e9es. Bien avant l&rsquo;arriv\u00e9e de Cindy Sherman, que j&rsquo;ai entendu Peter Schjeldahl en personne qualifier de \u00ab\u00a0g\u00e9nie\u00a0\u00bb, n&rsquo;oublions pas que ce sont \u00c9velyne Axell, Pauline Boty, Rosalyn Drexler et autres Alina Sczapocznikow quiont ouvert la voie. N&rsquo;oublions pas non plus qu&rsquo;\u00c9velyne Axell est celle qui a su peindre sans fausse honte ses d\u00e9sirs \u00e9rotiques, et qu&rsquo;elle les a c\u00e9l\u00e9br\u00e9s tout au long de sa carri\u00e8re si tragiquement interrompue. Evelyne Axell fait figure de pionni\u00e8re; et contrairement \u00e0 Cindy Sherman, elle ne vide pas ses th\u00e8mes de leur substance.<\/p>\n<p><em>Novembre 2009<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><em>JohnYau \u00a0 (traduit de l&rsquo;anglais par Robert Wolfenstein)<\/em><\/p>\n<div><strong>English text:<\/strong><\/div>\n<div>For those who are willing to go to a slightly out-of-the-way, risk-taking gallery, located at 1182 Broadway between 28th and 29th Street, now would be a good time to hightail it over there and discover the bright, bold, erotic paintings of the Belgian Pop artist Evelyne Axell (1935-1972).<\/div>\n<p>A contemporary and friend of the English Pop artist Pauline Boty (1938-1966) and the innovative Polish sculptor, Alina Szapocznikow (1926-1973), whose work has also been shown in this small, smart, exciting gallery, Axell\u2019s paintings and drawings epitomize \u201coverlooked, neglected, and forgotten.\u201d In <em>POP <\/em>(2005), published for Phaidon\u2019s Themes and Movements series and edited by Mark Francis (with a \u201cSurvey\u201d by Hal Foster), Axell is never mentioned, although Allan D\u2019Arcangelo, Allen Jones, John Wesley, and Tom Wesselmann are discussed, as is Rosalyn Drexler. Axell belongs in this company, and, like Boty and Drexler, embodies a proto-feminist critique in her work.<\/p>\n<p>This exhibition focuses on the very last works Axell made before she died in a car accident, and typifies what she became known for in France, where her biggest champion was the influential French critic Pierre Restany. Axell\u2019s style is graphic and direct. Many of the last paintings are like stage sets. They consist of a figure\u2014often a naked female\u2014that is painted on a cut piece of plexiglass, sometimes on both sides. The prone or relaxed figure is mounted in front of a lush landscape done in a different palette on Formica; generally warm colors for the figure and cool colors for the landscape. She used enamel to achieve a sensual, flat surface and always painted the narrow frames that were especially made for each painting.<\/p>\n<p>In \u201cL\u2019Herbe folle\u201d (\u201cThe Mad Forest\u201d) (1972), the voluptuous, flame-like tropical foliage is largely done in two shades of blue, with a muted green sky above. The nude reclining woman is holding eyeglasses (Axell\u2019s signature prop) and daydreaming. Axell uses red and orange-red to emphasize the figure\u2019s heated body, a red dot for a nipple and red for her lips. As with the other paintings in this group, the landscape contains strong verticals (tropical foliage, waterfall, palm trees) while the figure is often nude and horizontal; the symbolism is cheeky and obvious but never ingratiating. Seen within the context of Modernism, beginning with Gauguin\u2019s views of Tahiti and including Wesselmann\u2019s Great American Nude series, Axell\u2019s views challenge the paradigm of woman as territory to be colonized or a willing subject of male fantasy. She does so unapologetically and with great verve, making no excuses or justifications for her intense desires. Her figures are in complete control and uncontrollable \u2014 the painted frames underscore this latter aspect. These are erotic images of autonomy and self-determination, and yet you don\u2019t feel as if the artist is preaching.<\/p>\n<p>In another painting, \u201cL\u2019 Oiseau de Paradis (version bleue)\u201d \u201c(The Bird of Paradise (blue version))\u201d, (1971), a naked woman is pulling her last piece of clothing over her head. Her breasts and arms are blue, while her lips are red and her pubic hair is orange. The remainder of the plexiglass cutout is left transparent. An orange hummingbird flutters nearby, ready to sip the nectar. The unpainted plexiglass underscores the viewer\u2019s voyeurism, while the paint makes plain what some viewers would consider the only important parts: mouth, breasts and sex. Wesselman\u2019s nudes look repressed and corny next to Axell\u2019s work, and Mel Ramos\u2019s women look downright trivial.<\/p>\n<p>In her other paintings and works on paper, Axell painted cropped views of nude women, generally looking off-frame, that are titled after different countries. \u201cLa Tch\u00e8que\u201d (\u201cThe Czech\u201d) (1969) hangs in the gallery\u2019s office, along with one of the two works on paper of <em>Angela Davis<\/em>. There was also a portrait of <em>Yael Dayan<\/em> (1969) that, along with the one of Davis, was part of an ongoing series on strong women. She painted women as unknowable countries and celebrations of independence, all inflected by an erotic imagination.<\/p>\n<p>In the last few years, there have been gallery exhibitions of Szapocznikow and Drexler, as well as the recent New Museum exhibition of Dorothy Iannone. The exhibition <em>Seductive Subversion: Women Pop Artists<\/em> <em>1958-1968<\/em>, which has been organized by Sid Sachs, will open in Philadelphia on January 22, 2010 at The Rosewald-Wolf Gallery of the University of the Arts. Works of Boty will be in that exhibition, which is long overdue and absolutely necessary. Long before Cindy Sherman, whom I once heard Peter Schjeldahl call a \u201cgenius,\u201d arrived on the scene, artists such as Axell, Boty, Drexler and Szapocznikow paved the way. That Axell was shameless about her erotic desires and celebrated them throughout her tragically brief career should not be forgotten. She was a groundbreaker, and, unlike Sherman, didn\u2019t empty out her subject.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Axell&rsquo;s Paradise: Last works (1971-1972) before she vanished. \u00a0 (texte anglais ci-dessous) Vous avez peut-\u00eatre entendu parler d&rsquo;une galerie d&rsquo;art \u00e0 la fois excentrique et excentr\u00e9e, situ\u00e9e au 1182 de Broadway entre la 28\u00e8me et la 29\u00e8me rue; si vous <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/2009\/11\/17\/article-dans-the-brooklyn-rail\/\">Lire la suite&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":627,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-123","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-extraits"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.evelyne-axell.info\/fra\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/rail-logotype.png?fit=334%2C55&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/123","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=123"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/123\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":881,"href":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/123\/revisions\/881"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/wp-json\/wp\/v2\/media\/627"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=123"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=123"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.evelyne-axell.info\/fra\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=123"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}